Cheminement d'une vie

Dieu allait répondre

Les voie de Dieu sont insondables

Le petit livre noir



 

    Les voies de Dieu sont insondables

Notre but était une sortie. Après la soirée tout se terminerait dans les clubs.


 

Nous n'avions pas de véhicule alors nous sommes montés avec le pasteur. Pour nous, à cette époque, aller à
St-Hyacinthe était un long voyage.     
En entrant dans l’église, je réalisai tout de suite que  je n’étais pas comme les autres.                 
Les chrétiens pentecôtistes des années 1955 ne portaient pas d’ornements,de bijoux, ni de  maquillage. Normand et moi savions que ce peuple était différent.

Nous ressentions une puissance qui nous poussaient instantanément à vouloir respecter ce lieu de culte.

L’assemblée commença par des chants. Il y avait un bel orchestre. Ensuite débuta le message, que nous avons oublié, car nous écoutions à peine. Lorsque vint l’appel, et que l'évangéliste qui parlait demanda qui était sauvé, nous n'en comprîmes pas le sens, mais lorsque le prédicateur formula la question différemment, soit:


“Seriez-vous prêts à aller au ciel si Jésus venait vous chercher aujourd’hui ? ”
Si Jésus venait vous cherché aujourd'hui ?
 

Un esprit de conviction de péchés vint nous.           Pour la première fois, nous sentions que nous étions perdus.  L’évangéliste demanda à ceux qui voulaient que Jésus entre dans leur cœur, de lever la main.

Douze personnes avaient levé la main, mais l’évangéliste insistait, “il en manque deux ” disait-il en nous regardant. Comme mon mari était à ma droite, je levai la main gauche pour ne pas qu'il me voit, mais il m’avait vu, et il leva aussi sa main.

On appela ceux qui avaient levé la main à s’avancer au pied de l’autel.

Ce fut un moment pénible car nous nous voyions pris au piège.     Le Pasteur répéta de nouveau

" il en manque deux, il en manque deux,"
 

Il était tellement persuasif que nous avons fini par céder et nous répondîmes à l’appel. Nous nous sommes avancés, et ce fut la peur de ma vie car la congrégation chantait "j'aime l’homme de Galilée mon fardeau enlevé, mes péchés effacés".  Je ne savais toujours pas qui était cet homme de Galilée et je croyais que j'adorais un mauvais Dieu.

 

Alors, je me mis à prier de tout mon cœur. “ Pardonne-moi ô mon Dieu! Je ne sais pas quel dieu ils adorent ici, mais je te promets, que si je sors vivante de ce lieu, je ne remettrai plus jamais les pieds dans une église comme ça.”  


La soirée terminée, nous voilà sur le chemin du retour avec le pasteur.  
Pas besoin de vous dire, qu'il n'a pas été question d'aller au club. 
J'ai posé la question au pasteur : " Qui est l'homme de Galilée ?"       
 C’est alors que j'appris que c’était Jésus.  Le pasteur en profita pour me remettre une Bible.

(Enfin mon petit livre noir.) Aussitôt arrivée à la maison, j’ai ouvert la porte du fourneau du poêle, pour y déposer mes pieds, et me mis à lire.  J’ai lu l’évangile de Matthieu en entier, le même soir, en pleurant à cause de tout ce que j'y découvrais.

Qu’il était bon d’aller au lit avec un esprit en paix, et une présence divine!

Lorsque je me suis réveillée, très tôt le lendemain, je louais et remerciais Dieu pour cette merveilleuse nuit de repos.     J'avais chanté toute la nuit, j’aime l’homme de Galilée.



Pour notre début dans la vie chrétienne, Dieu avait mis sur notre chemin feu le pasteur Daigneault, qui était un homme plein d'amour et d'une patience incomparable. Il parlait avec une petite voix calme, toujours sur le même ton.

Dieu nous envoya cet homme pour nous former car nous avions, mon mari et moi, des caractères impulsifs. Par son exemple d'amour, il a su nous inculquer les principes de la vie chrétienne.

Déjà quatre mois s'étaient écoulés, depuis le jour ou j'ai rencontré Jésus comme Sauveur.
 

Notre fille Suzy a eu la chance de naître dans une famille chrétienne. Elle est née le 26 mars 1956 , première année de notre nouvelle vie en Christ
Le pasteur Daigneault partit quelques mois après la naissance notre deuxième fils, Michel, et le quatrième de la famille. Il est né par une belle journée d'automne, le 12 octobre 1957.


Normand travaillait beaucoup sur la petite maison que nous venions d'acheter.
L'église n'avait plus aucune importance pour lui, il devenait vite impatient et s'irritait facilement, ce fut une période difficile.

Il s'était acheté un bateau et nous allions sur l'eau mais il choisissait toujours le samedi et le dimanche, ce qui causait des frictions car, le dimanche, je voulais assister à mes assemblées.
Mais, puisque je connaissais Dieu, je pouvais parler avec le Seigneur, je savais qu'Il m'écoutait, et de Lui raconter mes déceptions me donnait du courage pour poursuivre ma route avec Lui.

Des passages de mes fréquentes lectures et méditations me revenait à l'esprit et me fortifiaient.

Sur la photo, une sœur bien-aimée, Colombe, qui avait gardé mes enfants le soir où je fut sauvée.
 Elle a eu connaissance du caractère de Normand, surtout lorsqu'il lui disait, cesse de placoter et va faire ton ménage... Colombe me disait souvent: "Lâche pas Claire, persévère, car un jour tu vas voir ce que Dieu va faire avec ton mari."

Mais si pour Dieu mille ans passe comme un jour, pour moi, un jour était très long.



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